Savez-vous quel écrivain américain a montré que Madame Bovary n'est pas la seule à incarner la frustration féminine, elle a désormais une petite cousine dans le Midwest.
Main Street est l'un des chefs-d'oeuvre de l'américain Sinclair Lewis, qui remportera le prix Nobel de littérature 10 ans après la parution de ce roman.
Sinclair Lewis dépeint sans aucune pitié les atmosphères contrastées du Midwest, le grenier à blé et à ma?s de l'Amérique, d'un c?té la grande ville avec son effervescence, et puis de l'autre les petites cités paisibles avec l'ennui.
L'héro?ne de ce roman, Carol, pourrait être la cousine américaine d'Emma Bovary.
Plus que l'amour, le mariage ou son propre bonheur, Carol recherche le bonheur des autres.
Elle veut se rendre utile, élever le niveau de ses compatriotes, faire bénéficier autrui de la culture universitaire qu'elle a eu la chance d'acquérir.
Elle rêve d'embellir les villes et après Chicago, elle prend un poste de bibliothécaire à Saint-Paul, la bouillonnante capitale du Minnesota.
Carole ne se voit pas ailleurs que dans une grande ville, mais c'est compter sans la ténacité d'un médecin plus agé qui finit par lui passer la bague au doigt, et qui parvient à la convaincre qu'elle saurait faire évoluer les mentalités de la population de Grauffer Prairie, petite ville typique de l'Amérique rurale où les habitants n'aspirent qu'au confort matériel, au respect des conventions, à la tranquillité, où le gazon de leur pelouse fait leur fierté, rien de l'esprit pionnier, tout de l'esprit pantouflard.
Carole relève le défi, elle est opiniatre, elle résiste au découragement de la province, Carol est en réalité un petit peu différente du personnage de Madame Bovary, en ce qu'elle ne souffre pas d'une frustration affective chronique, mais de son effort contradictoire.
Insatisfaite avec son mari plan-plan, elle cherche la meilleure relation possible avec les autres, sans que cela compromette sa propre indépendance.