Savez-vous quel roman paru en 1947 a connu un regain de faveur pendant l'épidémie de Covid et fait partie de ses livres qui enseignent comment faire son métier d'homme en temps de crise ?
La peste est le 1er succès populaire d'Albert Camus qui avait déjà gagné l'estime de ses pères avec l'étranger, le mythe de Sisyphe et son activité de journaliste à la tête de combat.
Cette chronique de la ville d'Oran au temps de la peste est tenue par le docteur Rieu qui, un matin, en sortant de son cabinet, bute sur un rat mort.
Rapidement, les rongeurs quittent les souterrains pour venir mourir au grand jour.
Et puis, ce sont les hommes qui commencent à mourir, pris par d'étranges fièvres.
Lorsqu'il devient évident que la peste est revenue dans la cité, les autorités ferment les portes de la ville, séparent les familles et les amants.
Face au virus qui frappe aveuglément, une poignée d'hommes de bonne volonté s'organise, chacun pour des raisons qui lui sont propres, rieux, infatigables, oeuvre au secours des malades, car il est convaincu que l'habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même.
Joseph Grand, le gratte-papier dans une mairie le jour, qui rêve d'écrire un roman mais ne parvient pas à aller au-delà de la 1ère phrase, offre son aide.
Rambert, le journaliste retenu contre son gré à Oran, révolté contre ce confinement qui l'éloigne de la femme qu'il aime, cherche à fuir la ville, infestée, avant de comprendre que sa place est là, au service de ses frères humains.
La peste est un immense roman qui parle à toutes les époques, qui résiste à toutes les modes et à l'usure, car il pose les grandes questions de la condition humaine, la souffrance des innocents, la responsabilité individuelle face aux cataclysmes collectifs, la fraternité à recréer.