Connaissez-vous cette poétesse iranienne, morte à l'age de 32 ans, et qui est aujourd'hui l'une des inspiratrices des jeunes femmes qui défient le pouvoir en Iran ?
Elle s'appelle Foroug Farogzade et elle a traversé le ciel de Téhéran, son berceau et son tombeau, comme un météore.
La publication de ses derniers poèmes, Croyons à l'aube de la saison froide, donne l'occasion de découvrir la voix, l'impatience et l'intransigeance d'une femme qui inspira tour à tour le cinéaste Abbas Karostami dans le film Le vent nous emportera, le romancier Atiq Rahimi, lauréat du prix Goncourt, et aujourd'hui une partie de la jeunesse iranienne qui, sous le règne des mollahs, l'invoque comme une ic?ne.
Amoureuse d'un de ses cousins, elle obtient de l'épouser alors qu'elle n'a que 16 ans.
Elle met au monde un fils et elle s'initie à la poésie.
Et c'est précisément l'un de ses tout premiers poèmes qui va lui valoir tous ses ennuis.
Elle écrit J'ai péché, péché dans le plaisir, dans des bras chauds et enflammés.
Eh bien, Sévère cause son divorce et c'est son mari qui se voit confier la garde de l'enfant quant à Forougue.
Elle est privée du droit de visite.
Qu'importe, à la réprobation, la jeune femme, br?lante de sensualité et de lucidité, mais surtout de dignité, répond par l'imprécation.